
Julia Palmieri Mattison nous balade dans ses souvenirs, dans ses archives, familiales et amicales. On assiste à un déroulement de photos, de vidéos et de poèmes griffonnés sur des bouts de papier. La souris guide le cheminement, passant de photo en photo, de vidéo en vidéo, d’écrit en écrit. Parfois, elle zoome sur certaines parties, nous laissant voir en gros plans des seins, des mots, des corps. Parfois, tout se mêle. La musique s’ajoute au récit, les paroles aussi. On entend des bribes d’histoires, celle de Corentin, Julie et Arnaud. Des histoires de sexe. La sexualité est bien présente, que ce soit par les récits narrés, par la nudité de certaines photos, par des mots crus. Elle en est presque omniprésente. L’eau est là aussi, dans le son comme sur les photos. La plupart semble être issue du temps d’un été. Elles sentent bon l’iode, le soleil, la crème, le chlore. La chaleur, la sueur, l’huile. Pourtant, les recherches de la réalisatrice ne se cantonnent pas à une saison. Elle enregistre, elle archive tout le temps. Elle filme au quotidien, des dialogues, des moments de partage.
On participe également aux mémoires d’une famille, au feuilletage d’un album photo et de ses souvenirs enfantins et adolescents. La famille est réunie autour de cet album. Les conversations, les remarques, les rires fusent. On y assiste de loin d’abord, puis de près comme si on en faisait partie. Par procuration, on participe au déballage d’une vie de famille qu’on n’aurait pas connue ou dont on ne se souviendrait pas. Un déballage auquel on aimerait se prêter, dans notre propre famille, avec nos propres amis et nos propres souvenirs.