Se déroulant dans une Helsinki triste, à la fois moderne et rétro, le film retrace les malheurs de Kostinen (Janne Hyytiäinen), un vigile solitaire, moqué par ses collègues, repoussé par les femmes, mais vivant de l’espoir d’améliorer sa situation.
Trompé par des malfrats pour voler une bijouterie, une jolie fille (Maria Järvenhelmi) servant d’appât pour le duper, il sera licencié, déshonoré et condamné à deux ans de prison. A sa sortie, une existence minable (chambre dans un foyer, travail de plongeur) l’attend et sa tentative de vengeance tourne court. Seul l’amour d’une serveuse qu’il avait toujours dédaigné sauvera son existence, faisant office de "happy end". Filmé à la perfection dans des décors jouant sur de très forts contrastes de couleur, Les Lumières du faubourg fait ouvertement référence au cinéma américain des années 50, Kaurismäki citant même Eve de Mankiewicz comme référence pour la femme fatale de son film. Laconisme des dialogues, humour à froid des dialogues ("comment était la prison ?" "On ne pouvait pas sortir"), laideur physique et morale des hommes, le tout arrosé d’alcools variés : le cinéaste évolue très à son aise dans son univers sans pour autant réussir (malgré des tangos récurrents) à susciter la compassion pour son personnage chaplinesque de victime...
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