C’est par l’art et la création que passera la guérison. Agnès cherche depuis longtemps un langage pour exprimer le fait qu’elle est unique, et pourtant pareille, pour enfin accoucher du « cri de l’intérieur », de cette souffrance qui l’a amenée à exploser, et surtout – sa préoccupation première - pour enfin être comprise. Mais comment exprimer tout ça ? Elle a commencé à façonner la terre de ses mains, en créant des sculptures à base de petits canards en plastique (ceux que l’on utilise à la pêche aux canards dans les fêtes foraines), puis en créant des « Magritte » en terre cuite, sortis du même moule, chacun avec sa personnalité, sa singularité : uniques et pareils à la fois. « J’ai créé le moule et pourtant, je ne serai jamais deux fois pareille à moi-même. N’essayez pas de me mettre dans le moule de la conformité ». Outre un autoportrait sculpté avec des trous à la place des yeux qui laissent couler une rivière de larmes, l’artiste a également construit une Tour de Babel en briques, puis une autre « Babel de glace », en cuberdons. Mais Agnès restait incomprise : « Année après année, le feu continuait à brûler à l’intérieur de moi »…
Son court-métrage nous montre ses œuvres, mais surtout, via un monologue, décrit l’évolution de sa pensée et de son raisonnement au fil de ses créations, sa recherche du langage le plus approprié pour exprimer sa douleur, ses angoisses, pour trouver des solutions. Sa vie est un palimpseste : une page déjà écrite, mais qu’elle efface régulièrement pour repartir de zéro… un éternel recommencement !