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JCVD de Mabrouk El Mechri C1

Un Jean-Claude peut en cacher un autre

Notre Jean-Claude national revient sur le devant de la scène et de quelle manière, s’il vous plaît ! Il y joue son propre rôle.

La collaboration entre le réalisateur français Mabrouk El Mechri reconnu pour son style particulier dans son premier long métrage Virgil et Jean-Claude Van Damme donnerait-elle encore un film de castagne ? Pas du tout, au contraire, « The muscles from Brussels » comme aiment à le surnommer les Américains, est plutôt l’anti-héros du film. On découvre un Van Damme complètement différent de ce qui l’a rendu célèbre. Peu de scènes de combat, zéro kick. On en oublie même son état « aware ». C’est dire l’exploit !

Que reste-t-il de lui ? On connaissait le côté face, maintenant on connaît le côté pile. Ce film, qui est la fois un mélange de fiction et de réalité, expose un Jean-Claude malmené entre ses problèmes fiscaux, la bataille juridique qui l’oppose à sa femme pour la garde de sa fille, et une carrière à Hollywood en déclin total. Fatigué, Jean-Claude décide de rentrer au bercail, auprès des siens. À son arrivée à Bruxelles, il se rend dans un bureau de poste pour envoyer de l'argent à son avocat qui menace de tout arrêter s’il n’est pas payé dans les heures qui suivent. Pas de bol et haut les mains, c'est un hold-up : Jean-Claude est pris en otage. La journée ne fait que commencer…

Là , on se dit que pris au piège, il va user de son imagination, monopoliser les braqueurs et gagner la partie. Absolument pas : le héros de Bloodsport est un être humain presque comme les autres. Il n’est plus Jean-Claude Van Damme mais Jean-Claude Van Varenberg, son vrai nom. Avec un pistolet sur la tempe, il n’a pas trop envie de jouer au cowboy et subit comme tout le monde l’autorité des malfrats. À leur tête, une crapule violente sans état d’âme (Zinedine Soualem) qui nous rappelle par son style et look vestimentaire un certain John Cazale dans Un après-midi de chien de Sidney Lumet. Un style qui convient très bien d’ailleurs.

Reconnaissant la star, la bande à Soualem en profite pour faire croire à la police que Van Damme est l’auteur du braquage. Le commissaire Bruges interprété par François Damien (François l’Embrouille) essaye tant bien que mal de gérer une situation qui s’avère bien ambiguë. Le commissaire arrive même à glisser lors d’une scène : « Hé Jean-Claude, pas d’embrouille hein ! ». Si ça, c’est pas du belge !

Le plus surprenant reste à venir. Alors que l’histoire suit son court, tout s’arrête d’un coup et un plan séquence apparaît. Van Damme surgit en gros plan et prend place face à la caméra. Un monologue de quelques minutes commence. Il se met à nu, se dévoile complètement, nous raconte ses déboires, ses problèmes de drogues, ses mauvais choix. Il nous dit tout avec humilité et sincérité. Il se révèle même drôle et émouvant. À la fin de la séquence, on est même surpris d’essuyer discrètement une larme. C’est à ce moment-là que se pose la question : qui est Jean-Claude Van Damme ?

Son but ? Celui de devenir célèbre. Pour cela, il a quitté l’école à 15 ans et a débarqué dans le pays de l’Oncle Sam avec, pour seul bagage, sa connaissance des arts martiaux. Il a vécu son rêve américain avec toutes les conséquences que l’on sait. Il vit actuellement à Hong Kong depuis trois ans, habite au 70ème étage d’un gratte-ciel avec sa famille et huit parachutes avec option pour chien. En cas d’incendie, on enfile le parachute et on saute. Prévoyant chez les Van Damme.

Mabrouk el Mechri (grand fan de JCVD jusqu’à avoir un poster de lui dans sa chambre), nous offre l’image d’un être fragile, sensible, attachant, courageux et capable de beaucoup d’auto dérision. De nombreux fans (anciens et nouveaux) devraient lui en être reconnaissants.