Trois membres du collectif représentant l'UPFF (Patrick Quinet), l'ARPF (Willy Perelsztejn) et Pro-Spere (Frédéric Young) ont fait le point.
La situation semble évoluer favorablement. Nous écrivons semble car rien n'est fixé dans le bronze de la loi.
1. La RTBF aurait dans ses obligations contractuelles celle d'investir chaque année 200 millions de FB dans les oeuvres audiovisuelles, dont cent millions en liquidités et cent millions en services divers. Les salaires des producteurs, du secrétariat, etc. de la RTBF qui auparavant étaient comptabilisés ne seront plus valorisés dans les contrats de coproducteurs. Le contrat entre les producteurs indépendants et la RTBF a été modifié en ce qui concerne les droits des producteurs sur leurs films. Un retour sur recette des films coproduits par la RTBF et les producteurs indépendants sera déposé sur un compte et réinvesti dans une coproduction ultérieure.
2. L'utilisation d'archives de la RTBF dans des projets ayant l'aval de la commission de sélection de la Communauté française et qui sont coproduits par la RTBF ne sera plus facturée. La chaîne a choisi une option plus intelligente. En coproduction avec des films de la Communauté, les archives seront moins à facturer qu'à valoriser.
3. La commission de sélection vit une situation budgétaire difficile qui risque de durer jusqu'en 2004, date du refinancement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles. Néanmoins, l'idée d'un troisième collège destiné aux réalisateurs confirmés a été adoptée, et 50 millions débloqués à cet effet. Les professionnels demandent que cette somme soit portée à 75 millions.
4. Le Tax Shelter, l'Arlésienne, va-t-elle enfin boire la chope de bière de Coboy et d'André que lui offre le Pic Pic André Show ? Le projet Monfils sur le Tax Shelter a été adopté début juin par le Sénat. Avant de passer devant la chambre des députés, il a subi quelques amendements, en concertation avec Didier Reynders, ministre de l'Économie, et des représentants de la profession. Ces amendements sont destinés à diminuer le risque du privé dans l'économie d'un film. En un mot de le rendre plus attractif vis-à-vis des fonds privés. Il devrait être tout prochainement présenté à la Commission de la Chambre.
5. Lors du séminaire ayant réuni, début octobre à Mons, vingt-deux pays européens (les quinze plus les sept pays en voie d'adhésion), les réticences de la commission envers certaines formes de Tax Shelter sont tombées. Outre le fait que la BEI (Banque européenne d'investissement) verrait d'un oeil favorable la création d'un fonds de garantie pour l'audiovisuel et le cinéma, les aides des États ne seraient plus limitées à 50% du budget de production pour les films dits " difficiles " et pour les petits pays.
6. Le système des Ateliers de création et de production a été défendu lors des nombreuses concertations et, enfin, tout le monde s'est félicité - à quelques rares exceptions - de la structuration des associations vers une compréhension commune des problèmes de l'audiovisuel et une professionnalisation accrue.