Visitant plusieurs écoles de devoirs de la commune de Molenbeek, le réalisateur interroge les enfants sur leur rapports à ces institutions. Le film d'une demi-heure se compose ainsi de ces interviews entrecoupées de moments de vie et d'échange avec les animateurs.
Rapidement, on enfonce vaguement le doigt sur les limites du système scolaire traditionnel qui ne semble peu ou pas s'adapter aux petits individus, faisant le constat, au travers des témoignages des enfants qui passent devant la caméra, d'un environnement obtus, ou les professeurs sont autoritaires, crient, arrachent les devoirs.
L'école des devoirs fait alors office de filet de rattrapage, où les animateurs patients et pédagogues, semblent redonner aux enfants les clefs d'un développement personnel que la mécanique scolaire leur refuse trop souvent. Sans jugement moral ni rancœur apparente, les témoignages des enfants évoquent les travers de l'institution exposant avec la simplicité de l'enfance les limites d'un système scolaire et de ses représentants. En contrepoint, les instants filmés dans l'école de devoir dépeignent un environnement où chacun a la chance de s'exprimer, et surtout de prendre confiance en soi.
La réussite de ce court-métrage très sobre est de mettre en exergue la parole de l'enfant, lui qui est la première victime du système scolaire. On pourra cependant regretter l'économie d'une approche d'analyse critique à un moment où éducation et néo-libéralisme fricotent de manière de moins en moins pudiques. Le documentaire se voulant un outil de communication entre belligérants du système éducatif, on pourra se demander si ces écoles de devoirs ne sont pas un pansement sur une jambe de bois dans une institution basée sur la mise en concurrence et ce, dès le plus jeune âge.
Reste à voir comment sera apprécié, s'il est vu, ce documentaire dans un environnement scolaire où le corporatisme le dispute à l'arrêt dépression.