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BIFFF: Le Workshop de Bernard Rose

Dans le cadre de cette 26ème édition du Festival du Film Fantastique, le BIFFF nous propose à nouveau son concept unique d’atelier de réalisation cinématographique pour étudiants : le Workshop.

Celui-ci est supervisé cette année sous la direction d’un nom bien connu dans le milieu du cinéma fantastique, à savoir Bernard Rose, réalisateur du film Candyman.

Cet atelier est donc l’occasion de confronter l’expérience d’un réalisateur accompli face à la fraîcheur artistique de futurs cinéastes.

C’est en 1996 que l’initiative fut lancée au sein du BIFFF alors que ses membres étaient déçus du manque de productivité de films de genre fantastique en Belgique.

Le BIFFF a donc voulu, au travers de ce workshop, donner à des étudiants en cinéma, le goût pour la réalisation d’œuvres fantastiques en leur permettant d’avoir les moyens d’en réaliser d’une manière professionnelle sous la supervision d’un réalisateur étranger reconnu.

Ce réalisateur est le plus souvent un ancien invité du festival auquel le BIFFF propose de superviser 3 courts métrages (se sont entre autres succédés pour la supervision de ce Workshop : Stuart Gordon, Freddie Francis, Anders Ronnow-Klarlund).

Pour ce qu’il en est du matériel de réalisation, ici ce sont plusieurs sponsors spécifiques à l’atelier workshop qui s’occupent de fournir leur support. Egalement, l’un d’entre eux(EyeLite) décernera un chèque cadeau à investir dans leur magasin, à l’étudiant-réalisateur le plus méritant de ce workshop après la diffusion des courts-métrages lors du festival.

Ce sont avec les écoles néerlandophones de la NARAFI et du RITS que se sont jusqu’à présent déroulé les collaborations étudiants-réalisateur étrangers. La proposition avait également été introduite à d’autres écoles telles que l’IAD et l’INSAS, cependant celles-ci n’ont pas répondu positivement étant donné le faible intérêt pour le genre parmis les étudiants et les professeurs.

Néanmoins cet intérêt est bel et bien présent au sein du RITS et de la NARAFI puisqu’en tout 50 étudiants(de dernière et d’avant dernière année) se sont proposés cette année pour participer à ce workshop.

Cette année, contrairement aux autres années, les lieux de tournage avaient déjà été choisis à l’avance par les professeurs, et c’est un ancien couvent jésuite au cœur de la capitale bruxelloise qui a eux l’honneur de prêter ses vestiges à la caméra.

En fonction de cet endroit précis, les étudiants avaient pour mission d’écrire des idées qu’ils ont dus présenter sous forme de pitch lors d’un week-end de rencontre avec le réalisateur étranger qui pour cette 12ème édition du workshop était Bernard Rose.

Celui-ci est un ancien invité du festival qui est bien connu dans le milieu du fantastique pour le terrifiant Candyman, mais aussi pour sa description psycho-névrotique de Beethoven dans Immortal Beloved.

Ayant accepté la proposition avec enthousiasme, Bernard Rose a tout d’abord participé à un premier week-end de discussion pour écouter les pitchs des étudiants afin de choisir en concertation avec étudiants et professeurs, les projets sur lesquels ils allaient travailler. Les auteurs des idées retenues par l’ensemble de la communauté ont été ensuite automatiquement sélectionnés pour être réalisateurs des courts-métrages. Bernard Rose leur a alors donné la directive à suivre pour l’écriture du scénario que les étudiants-réalisateurs durent lui envoyer 1 semaine plus tard par e-mail. Les étudiants continuent donc à communiquer à distance avec le réalisateur étranger tout en préparant les tournages des courts-métrages : on organise les équipes en mélangeant étudiant du RITS et de la NARAFI selon leur intérêt pour les histoires choisies, on effectue les castings, et on élabore les besoins logistiques des tournages.

Ce n’est que 1 mois plus tard que Bernard Rose reviendra en Belgique à la veille du premier jour de tournage.

Et c’est peut-être à ce moment-là que l’enthousiasme présent lors de la préparation du tournage a laissé la place à la rigueur du travail de réalisation. En effet, l’efficacité et la rapidité sont les maîtres-mots de Bernard Rose, qui avec son style direct et franc, a directement placé la barre très haut en imposant 10 minutes comme temps maximum nécessaire à une seule prise. Il s’agit là d’un rythme intense certes, mais d’un rythme qui leur a permis de tourner ces 3 trois courts métrages en un temps record de 8 jours.

Et bien qu’il ait imposé cette pression au niveau du timing, il a néanmoins laissé une grande liberté quant à la mise en œuvre des idées tout en faisant part de ses conseils aux étudiants.

L’un des conseils principaux donné était de ne pas avoir peur des thèmes traités et d’en parler d’une manière franche afin d’éviter les hésitations lors du tournage.

Un tournage qui s’est donc déroulé très rapidement et pour lequel, afin d’être certains de finir dans les temps, Bernard Rose s’est chargé lui-même du montage en se montrant moins réceptif aux idées des étudiants en raison de sa grande expérience de ce processus de finalisation.

Quelques jours après le montage, une première diffusion a eue lieu au sein de l’école, après laquelle l’ensemble de l’équipe s’est trouvée plus que satisfaite des réalisations. Et outre cette réussite sur le plan cinématographique, tout le monde était agréablement surpris du contenu de ces courts métrages qui pour certains peut prêter à controverse : le thème commun des courts métrages réalisés cette année est l’angoisse liée à la sexualité.

Dans « Eufrodisiacum » on retrouve un jeune-homme en quête d’expérience sexuelles et dont les pulsions sexuelles et destructrice vont fusionner lorsqu’il découvre par hasard un almanach aphrodisiaque.

« Easter Bunnies » quant à lui met en scène un prêtre pédophile emprunt d’une culpabilité s’exprimant dans des rêves où des lapins géants jouent un rôle de rédempteur.

Et « Womens feet » nous dépeint la vie d’un homme éprouvant des problèmes d’identité sexuelle dans une société où les pieds des femmes sont des symboles sexuels importants.

Voilà donc une somme d’histoires plus déjantées les-unes que les autres, mais rendant fidèlement ses lettres au fantastique.

Ce workshop est donc un réel succès puisqu’il est toujours présent au festival depuis 12 années. Peut-être cet atelier permettra dans les années à venir de voir naître des films de genre fantastique en Belgique, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas.